27 avril 2008 17:42, par gnotiseauton
Le texte de Frédéric Lordon me paraît lumineux en ce qu’il explique très clairement le fonctionnement des outils de domination d’une oligocratie sur le monde. Mais il me semble qu’on oublie un peu vite qu’il ne s’agit pas de la cause mais d’un des résultats du développement d’un rapport de forces, rappot de domination entre une minorité et l’écrasante majorité des habitants de la planète dont les droits et les richesses matérielles sont jour après jour méthodiquement grignotés au profit de cette oligocratie qui n’est pas vicitime mais bien acteur engagé de ce processus. Les périodes de crise fiancière ne seraient, pour moi, que l’occasion de l’accélération de ce transfert de richesses programmé et trouveraient donc parfaitement leur place dans la logique de ce système.Il ne suffit donc pas de mettre en lumière, de manière aussi brillante et claire soit elle, ces mécanismes pour qu’aussitôt ceux qui ce sont donnés tant de mal pour les mettre en place fassent acte de répentance et renoncent à les utiliser. D’autant que, bien que moins érudite et impliquée que la plupart des intervenants de ce forum, je ne peux que constater que la "démocratie représentative" s’effiloche de jour en jour et n’est plus ni démocratique ni représentative puisqu’il suffit que les représentants de Monsanto lèvent le petit doigt et entrouvrent leur portefeuille pour que nos "élus du peuple" votent (presque) comme un seul homme, la diffusion des OGM contre la volonté affirmée de plus de 80% du dit peuple et au risque de détruire totalement notre écosystème et d’empoisonner nos enfants (et les leurs !). Quelqu’un, sur ce forum, a évoqué la possibilité de faire appel à la bonne volonté de certains "réformistes" socialistes. Or, je pense avoir entendu sur une radio d’Etat que ce réformiste ainsi que François Hollande font partie d’un cercle atlantiste, dans lequel ils se sont donnés beaucoup de mal pour entrer où ils côtoient les idéologues de l’ultralibéralisme américain. Ensemble, ces gens de bonne compagnie, décideraient à quelle sauce ils vont nous manger. Car il me semble clair que désormais les politiques publiques se décident bien davantage dans des cercles ou clubs privés totalement opaques que dans les institutions. S’il existe effectivement un tel dégré d’accumulation de richesses et de pouvoir (financier, économique, médiatique, politique...) aux mains de quelques dizaines de milliers ( ?) de personnes réunies par une commuauté d’intérêts (garantir pour eux mêmes et leur progéniture les meilleures places au soleil et une accumulation infinie de richesses au détriment de tous les
autres) seul le pouvoir du nombre peut répondre à cela. Mais la majorité des gens continuent à voter, à consommer à se comporter en dépit de leurs propres intérêts. Et ce n’est pas parce qu’ils sont bêtes ou ignorants- à cet égard on peut dire que n’importe quelle personne qui est consciente de ses intérêts personnels et immédiats est un ennemi potetiel du libéralisme-c’est parce qu’ils sont manipulés comme vous et moi et qu’ils perdent donc la notion de leurs priopres intérêts.Car que ce soit à l’échelle individuelle ou collective la domination perverse (s’approprier l’autre à son insu pour l’utiliser à son propre profit) utilise des techniques éprouvées : déconsidérer l’autre autrement dit le convaincre de sa nullité, de son incapacité à penser par lui-même et à avoir des opinions, cela, je suis bien désolée de le dire, mais l’école s’en charge parfaitement pour un très grand nombre d’élèves ; imposer les désirs du dominant et les subsituter à ceux du dominé, c’est en partie le rôle de la publicité, jeter la confusion dans les esprits des dominés au point de les faire douter de leurs propres perceptions, le marketing politique avec son "nouveau langage" (le LQF, langage de la cinquième république) où les mots sont totalement vidés de leur sens et n’ont plus aucun rapport avec la réalité, c’est à dire qu’on pervertit totalement le principal outil de communication, le marketing politique, donc, s’en cahrge ; enfin, isoler et diviser (pour meiux régner)les dominés car contrairement aux dominants nos n’avons pas de conscience de classe, nous nous imaginons encore être libres de penser et d’agir, et lorsque monte une légitime colère il n’est guère difficile aux dominants de l’orienter vers les plus faibles, les chômeurs coupables de ne pas trouver d’emploi, les malades, coupables d’être malades, les immigrés, coupables d’être pauvres, débarrassons nous donc de tous ces fardeaux qui nous empêchent de bien vivre ! Qu’au niveau individuel ceux qui font partie de l’élite, c’est à dire qui défendent leurs intérêts communs (politiciens, journalistes, universitaires, enseignants...), soient plus ou moins conscients de leur contribution à la pérennité de ce système de domination et se trouvent toutes les bonnes raisons du monde pour y participer (en un mot que ce soit totalement intentionnel ou pas) peu importe, le fait est qu’ils y participent.
Tout ceci pour dire que toutes ces discussions techniques, quoique passionnantes, sont bien peu utiles pour faire prendre conscience à la masse des principaux intéressés, de la manière dont ils sont manipulés. Je me vois mal aller expliquer à mon voisin que pour améliorer son existence il doit signer une pétition demandant l’abrogation de l’article 56 du traité de Lisbonne. En revanche on peut aider les gens à établir des liens entre leur quotidien et le fonctionnement de l’ensemble de la société : "est-ce qu’utiliser les petits pots Nestlé est le meilleur moyen pour une maman de garantir une nourriture équilibrée et saine à son enfant ?", "j’ai un enfant handicapé, quelles sont les étapes à franchir pour faire valoir ses droits ?". J’aurais bien vu un réseau de sites soumis à une charte, alimentés par des "spécialistes" bénévoles sur le modèle de Wikipédia, et qui consitueraient une porte d’entrée vers une réflexion plus globale pour le commun des mortels. Pourraient y figurer des informations locales ou internationales mais envisagées dans une perspective hostorique et non évenementielle, des jeux éducatifs pour enfants...Les sites qui proposent ce genre de services sont généralement à but commercial, donc tendancieux. A l’inverse, les sites qui proposent des informations utiles pour comprendre le monde sont trop clairement identifiés comme tels. Donc n’attirent qu’un certain type de public, ceux qui sont "convaincus d’avance".
Cela semble compliqué mais il s’agit de commencer.
Je crois, j’espère me tromper, que ceux qui pensent qu’on peut encore agir au niveau institutionnel n’ont pas pris la mesure de l’état de délabrement de la démocratie et des puissants moyens de contrôle mis en place par les dominants. Il me semble que nous en serions plutôt au stade de la guérrilla. Mais une guerrilla idéologique, informative qui permette aux gens de prendre en charge leur propre destin. Tou ça ne m’a pas empêché de signer la pétition.