samedi 5 avril 2008, par Le ouebmestre
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Ci-dessous, un article qui est paru ce soir dimanche particulièrement choquant.
Dimanche 6 avril 2008
TITRE : Les 100 meilleurs courtiers ont gagné plus de 30 milliards de dollars en 2007.
SOURCE : JOURNAL LES ECHOS 06/04/08 - 17H18 - actualisé à 17:18:00
Le numéro un du classement du magazine Trader Monthly, John Paulson, ancien de chez Bear Stearns, a gagné environ 3 milliards de dollars l’an passé en anticipant la crise du "subprime".
Les 100 courtiers qui ont rencontré le plus de succès en 2007 ont amassé à eux tous plus de 30 milliards de dollars de rémunération sur l’année, selon le magazine Trader Monthly, qui publie dimanche son classement annuel des gérants les mieux rémunérés au monde. En hausse d’un quart par rapport à 2006, les 30,36 milliards de dollars gagnés représentent un montant record pour ce classement, qui en est à sa cinquième édition.
Loin en tête trône John Paulson, patron du fonds d’investissement Paulson & Co, basé à New York, avec une rémunération estimée à trois milliards de dollars. Le succès sans précédent de ce gérant de 52 ans est d’autant plus retentissant qu’il le doit à ce qui a coûté tant au monde financier : la crise du "subprime" (prêts immobiliers à risque). Ancien de chez Bear Stearns, la banque qui a frôlé la faillite il y a quelques jours à cause de cette même crise, John Paulson a pris conscience dès 2006 qu’une crise immobilière s’annonçait aux Etats-Unis et a parié sur l’effondrement de produits financiers adossés aux crédits immobiliers à risque.
La suite du peloton de tête est occupée, dans l’ordre, par Phil Falcone, 45 ans, de Harbinger Capital et Jim Simons, 69 ans, de Renaissance Technologies, qui ont tous deux empoché 1,75 milliard de dollars, puis Steve Cohen, 51 ans, de SAC Capital Advisors et Ken Griffin, 39 ans, de Citadel Investment avec des revenus estimés à 1,25 milliard chacun.
Le lauréat du top 100 de Trader Monthly de l’an dernier, John Arnold (Centaurus Energy), 34 ans, est redescendu à la 14e place, avec un gain de 450 millions de dollars pour cet ancien d’Enron.
Le revenu annuel moyen de ces 100 courtiers stars, dont la moyenne d’âge est de 47 ans, s’élève à 303,6 millions de dollars.
A 79 ans, le célèbre "raider" T. Boone Pickens (325 millions de dollars), de Dallas (Texas), reste le doyen du classement, tandis que le benjamin est encore le new-yorkais Chase Coleman, 32 ans et 375 millions de dollars amassés.
New York et Londres concentrent la grande majorité des courtiers et gérants de fonds les mieux payés au monde, avec 42 nommés pour la ville de Wall Street et 31 pour celle de la City. En dehors des Etats-Unis et de la capitale britannique, ne se trouvent que John Zwaanstra (275 millions de dollars) de Penta Investment Advisors à Tokyo et Philippe Jabre (87,5 millions) de Jabre Capital Partners à Genève.
Sur cinq ans, le podium de ceux qui ont le plus gagné est occupé par Jim Simons (6 milliards de dollars), Steve Cohen (4,7 milliards) et Paul Tudor Jones, 53 ans, (3,5 milliards) de Tudor Investment. (source AFP)
Pour répondre à brycetabox, il n’est pas indispensable d’être féru d’économie pour comprendre pour quelles raisons il est nécessaire de réguler les flux financiers.
Certes, il faudra bien sauver les banques pour les raisons avancées, cela n’en reste pas moins un scandale ; de plus, le contraire est rarement constaté ! On dit souvent que les pertes sont publiques et les profits privés : on n’entend jamais les banques communiquer qu’elles ont fait beaucoup de bénéfices et qu’elles vont en donner à la sphère publique, c’est-à-dire l’état et son cortèges de dépenses sociales. Au contraire, les états sont sommés (par la CEE, le FMI, etc) de limiter leurs dépenses sociales trop dispendieuses (7 milliards d’économie annoncés par notre président...) alors que les bénéfices et les rémunérations des dirigeants n’arrêtent pas d’augmenter dans des proportions hallucinantes... pensez aux bénéfices que doivent générer les ventes de pétrole (faites une petite recherche sur les projets immobiliers pharaoniques dans les pays du golfe - Dubai par exemple - et leur façon de traiter leur main-d’oeuvre émmigrée)- face à ce hold up géant et la misère qu’il entraîne dant toutes les populations du monde, il est temps d’en prendre conscience et manifester notre volonté de changement !
Les banques ont le couteau sous la gorge, en échange de l’aide publique, il faut imposer de nouvelles règles. C’est pour ça que j’ai signé la pétition.
Je vous conseille une autre émission de la-bas s’y j’y suis, avec M. Lordon :
le 24/01/2008 : 9,3 % du Pib, consultable et téléchargeable sur le site "non officiel" de la-bas si j’y suis.
Ne vous laissez pas convaincre par de mauvais arguments ! documentez-vous, il ne faut pas croire ceux qui disent que les citoyens n’entendent rien aux chiffres, ils le disent pour qu’on ne soit pas tentés de s’informer et de vouloir ensuite remettre le système en question. Ce qui est en train de se produire !
Salut à tous,
On peut-être d’accord avec l’idée que l’Etat doit sauver une banque quand elle va mal... à condition que l’Etat touche des royalties quand tout va bien. Sinon cela ne va que dans le sens des financiers et non de la collectivité !
J’ai signé la pétition, je l’ai fait passer à mes contacts et j’ai répercuté l’appel sur mon site.
Pour continuer la réflexion critique, je vous invite à lire un texte qui pourrait éclairer un peu sur notre situation : http://www.sysdoc.imedialog.com/spi...
Le but de la pétition c’est d’empêcher la servitude provoquée par la rentabilité financière. Donc par conséquent la diminution des pressions sur les travailleurs et l’augmentation de leurs salaires. Donc l’augmentation du prix de ma free-box qui est fabriquée en chine et de mon forfait tout-compris Internet à 29 €. Donc je n’aurais plus forcément les moyens de me la payer et donc je ne pourrais plus podcaster les émissions de Mermet et donc ne plus être conscient des problèmes du monde.
Donc j’hésite.
si quelqu’un comprend cet article il serait interessant de le traduire :
DÉRÉGLEMENTATION • Offensive ultralibérale aux Etats-Unis
Pour améliorer l’efficacité du système financier, le gouvernement Bush veut encore l’assouplir. Ce qui ne peut en rien résoudre la crise actuelle.
Henry Paulson AFP
Le pays est entré en récession, les banques d’affaires sont en passe de s’effondrer, la crise des prêts immobiliers s’étend. Devant ces dangers, la Réserve fédérale (Fed) et l’Office of Federal Housing Enterprise Oversight, l’autorité de tutelle de Fannie Mae et de Freddie Mac [deux sociétés de refinancement hypothécaire], ont réagi, contrairement à leurs principes, en reprenant à leur compte une part considérable des risques afin de prévenir d’autres défaillances à Wall Street et ailleurs. Pourtant, le 31 mars, le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a apparemment souhaité renforcer son image d’homme politique déconnecté de la réalité. Alors que la situation exige de la Maison-Blanche une réaction vigoureuse, le discours de Paulson [ancien patron de la banque d’investissement Goldman Sachs] est une réponse énergique à une question complètement différente, celle de l’inefficacité de la réglementation. Et les modalités de son plan de restructuration des autorités financières sont totalement inadaptées aux crises en cours. De fait, elles risquent même de les aggraver. A son crédit, Henry Paulson ne prétend pas s’attaquer aux problèmes actuels. Mais le moment qu’il a choisi pour faire son annonce dément ses protestations de bonne foi. Pourquoi s’intéresse-t-il aujourd’hui à la déréglementation des marchés, alors que tout le monde ne se préoccupe que de leur survie ? Sans doute parce qu’il mijote ces recommandations, appelées “Projet de réforme de la réglementation financière”, depuis quelque temps déjà et que la crise actuelle lui fournit l’occasion de les mettre en avant. “Le chemin a été long, a-t-il déclaré. Nous avons engagé le processus qui a abouti à ce rapport il y a un an, en mars 2007, après avoir réuni les grands acteurs du secteur et les décideurs lors d’une conférence sur la compétitivité des marchés de capitaux.” Ah ! le printemps 2007. Les oiseaux gazouillaient, le fonds d’investissement Blackstone s’introduisait en Bourse et tout le monde s’émerveillait du génie financier dont on faisait preuve à Manhattan. A l’époque, les antiréglementation menaient l’offensive. New York, nous disaient d’innombrables comités et rapports commandités par le secteur, cédait du terrain à Londres et à Shanghai parce que les marchés américains étaient excessivement réglementés. Ce qu’il leur fallait, plaidaient Paulson et d’autres, c’était une structure réglementaire entièrement nouvelle qui supprimerait les chevauchements de compétences et laisserait les marchés jouer leur rôle. En théorie, c’est une position qui se défend. Depuis la création de la Fed en 1913, le pays a construit une mosaïque d’autorités de tutelle aux niveaux fédéral et des Etats qui peuvent être aussi lourdes qu’inefficaces. Comme l’a relevé Henry Paulson, il existe cinq agences fédérales distinctes pour la réglementation de l’assurance des dépôts. Il n’est pas inutile de se demander si l’on peut mettre un peu d’ordre dans tout cela. Mais si – en dehors du cercle des amis du ministre ou, pour reprendre ses termes, de “quelques universitaires enthousiastes”– peu de gens s’étaient laissés convaincre l’année dernière, c’est parce que l’objectif sautait aux yeux : déréglementation massive et formidable régression par rapport au Sarbanes-Oxley Act. Cette loi, votée en 2002 à la suite du scandale Enron, a instauré des normes comptables plus strictes pour les sociétés faisant appel à l’épargne publique.
Mieux vaudrait se consacrer à la crise en cours
Néanmoins, personne ne doutait que ce gouvernement voulait parvenir à une nette déréglementation, à un assouplissement des obligations réglementaires pour les banques d’un côté, et à un accroissement du risque pour les investisseurs individuels de l’autre. Après tout, c’est ce que le gouvernement met en place par petites touches depuis des années, du limogeage [en 2005] de William Donaldson, le président de la Securities and Exchange Commission [SEC, le gendarme des marchés], trop favorable aux consommateurs, à l’indifférence envers la bulle de l’immobilier qui se formait, sous la poussée d’un secteur du crédit hypothécaire peu réglementé. L’offensive lancée en 2007 par Henry Paulson visait à parvenir aux mêmes résultats sous le couvert apparemment neutre des réformes et d’une amélioration de l’efficacité. Aujourd’hui, nous voyons le résultat de sept années de laisser-faire. Ce qui n’empêche pas Henry Paulson d’affirmer qu’“il n’est ni juste ni correct de rendre notre organisation réglementaire responsable des turbulences qui agitent en ce moment les marchés”. Autrement dit, notre système réglementaire n’est pas en cause dans la crise actuelle, mais le ministre souhaite quand même consacrer beaucoup de temps et de moyens à le réformer de fond en comble, parce que ce qui est nécessaire, au bout du compte, c’est plus de déréglementation, qui permettra plus de prise de risques.
D’un point de vue technique, Henry Paulson a raison de ne pas mettre la tourmente actuelle sur le compte de la structure réglementaire. Ce qui l’a provoquée, ce sont les efforts du gouvernement pour empêcher cette structure de faire son travail. Il a nommé à la tête des agences des idéologues du libéralisme qui pensaient que leur mission consistait à ne pas incommoder Wall Street. Comme l’économiste Paul Krugman l’a noté, “en réalité, les différentes autorités de tutelle coordonnent fort bien leur action. Malheureusement, elles la coordonnent dans la mauvaise direction.” Nous possédons un ensemble d’agences plutôt réactives et pragmatiques – même si par certains aspects elles font double emploi ou sont impuissantes – qui font plutôt du bon boulot lorsqu’elles se trouvent en de bonnes mains. Par exemple, sous la direction de William Donaldson, la SEC a magistralement réussi à rétablir la confiance dans les marchés financiers américains au lendemain des scandales Enron et WorldCom. Cependant, une fois encore, Henry Paulson a peut-être raison. Peut-être avons-nous besoin d’un nouveau cadre réglementaire. Mais qui peut en être certain aujourd’hui ? Son patron s’est employé pendant si longtemps à saper la structure existante qu’il est injuste de la juger dans son état actuel. Il vaudrait mieux se concentrer sur la crise en cours au lieu de se battre contre des moulins à vent réglementaires. Il est à craindre que, dans la hâte des politiques à trouver une solution, de nombreux parlementaires ne se joignent à Henry Paulson dans cette croisade donquichottesque.
* Directeur de la rédaction du trimestriel Democracy : A Journal of Ideas.
Clay Risen* The New Republic
Refonte
Le projet de réforme du système réglementaire présenté par le secrétaire américain au Trésor supprime des agences, en crée d’autres et simplifie la vie des banques sans leur imposer de nouvelles contraintes. La banque centrale deviendrait un supergendarme responsable de la stabilité financière, mais céderait la supervision des banques commerciales à une nouvelle entité. Les banques d’investissement ne seraient toujours pas contrôlées. La SEC, l’autorité de régulation des marchés, fusionnerait avec la Commodity Futures Trading Commission, chargée des marchés à terme. Les Etats perdraient, pour leur part, leurs pouvoirs réglementaires en matière d’assurance.
Courrier international
http://www.courrierinternational.co...,4920&page=1&obj_id=84449
Ce qui est cynique, c’est la perversion lexicale :
le système capitaliste actuel, le plus totalitaire et le plus asservissant qui ait jamais existé, s’abrite sous l’adjectif "libéral"
une opération de licenciement, mesure éminemment antisociale, s’appelle aujourd’hui "un plan social"
les mesures de démantèlement de protection sociale sont appelées "réformes" alors que ce sont des régressions
etc...
En même temps, j’ai bien l’impression que nous sommes de plus en plus en train d’en prendre conscience du détournement des mots a des fins de propagande.
Lire a ce propos LQR d’Eric Hazan aux éditions La Fabrique.
Ps : toujours pas compris par contre l’article que j’ai laisser sur cette page un peu plus haut. Alors qu’il me semble important.

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Crédit photo Greg Westfal Flickr
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