Lancée fin mars par plusieurs économistes européens, dont des militants d’Attac, la pétition « Spéculation et crises : ça suffit ! » a déjà rassemblé plus de 18 000 signatures. Nous avons demandé à Jean-Marie Harribey, économiste et co-président d’Attac France de nous présenter cette campagne.
Propos recuillis par Stéphanie Treillet, Rouge, n° 2247, 10 avril 2008
Qu’elle est la démarche qui a abouti à cette pétition ?
A l’origine de cette pétition, il y a eu le contact que Frédéric Lordon et moi avons noué (...) suite
29 avril 2008, par Jean-Marie Harribey
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Message
La crise financière discrédite un peu plus toutes les assertions selon lesquelles le marché auto-régulateur est gage de stabilité, d’harmonie universelle et d’allocation optimale des ressources. Elle démontre que la finance, c’est-à-dire le capital, est contre-productive et improductive. Contre-productive car l’élévation des exigences de rentabilité condamne des projets qui n’y satisferaient pas ou des activités qui n’y satisfont plus. Improductive en elle-même car aucune ne richesse ne sort du capital (...) suite
Parmi les questions, voire les objections, qui sont posées ou faites aux auteurs de la pétition « Spéculation et crise : ça suffit ! », il y a celles-ci : « Supprimer les deux articles incriminés est-il suffisant au regard de la révision radicale des politiques économiques qu’il convient d’opérer ? » Plus grave encore : « N’est-ce pas se limiter à réclamer une meilleure régulation des marchés financiers ? N’est-ce pas entériner l’idée que ces marchés ne souffriraient que d’un « manque de transparence », d’une (...) suite
C’est une étrange logique qui conduit certains commentaires, lus sur la Toile, à récuser la pétition « Spéculation et crise : ça suffit ! » au motif que faire porter la critique sur les seuls articles 56 et 48 signifierait ipso facto endosser le reste du Traité européen… Pour défaire, si c’est encore possible, cet argument bizarre, il est sans doute utile de rappeler une ou deux choses. suite
La finance déréglementée détruit les sociétés. Silencieusement, au quotidien, quand les actionnaires pressurent les entreprises, c’est-à-dire les salariés, pour en extraire davantage de rentabilité, au Nord comme au Sud. A grand spectacle et avec fracas dans les crises aiguës où se révèlent brutalement les invraisemblables excès de (...) suite
Freedom for finance is destroying society. Every day, in both North and South, shareholders silently pressure firms and workers to extract higher and higher returns. The situation becomes dramatically visible when major crises display the excesses of speculative greed and its backlash on growth and employment. Lay-offs, (...) continue
Las finanzas desreglamentadas destruyen las sociedades. Silenciosamente, día a día, cuando los accionistas presionan a las empresas, es decir a los asalariados, para sacar mayor rentabilidad, tanto en el Norte como en el Sur. Montando un gran espectáculo y alboroto en las crisis agudas en las que se revelan brutalmente los (...) continuar
Die entfesselten Finanzmärkte zerstören die Gesellschaften. In aller Stille, täglich und überall, wo die Aktionäre Druck auf die Unternehmen und damit auf die Beschäftigten ausüben, um ihnen eine höhere Rentabilität abzupressen. Spektakel und Getöse begleiten die heftigen Krisen, in denen das unfassbare Ausmaß der spekulativen Gier (...) weiter
La finanza deregolamentata distrugge le società. Silenziosamente, quotidianamente, quando gli azionisti mettono sotto pressione le imprese, cioè i dipendenti, per avere sempre maggior profitto, al nord come al sud. In modo spettacolare nelle crisi acute, in cui si rivelano brutalmente gli eccessi inverosimili della cupidigia (...) segue
A desregulamentação da finança destrói as sociedades : destrói as silenciosamente, dia a dia, quando os accionistas fazem pressão sobre as empresas, isto é, sobre os assalariados, a fim de extraírem deles maior rentabilidade, tanto nos países do Norte como nos do Sul ; destrói as à vista desarmada, com grande ruído, nas crises agudas (...) continuação
La malreguligita financo detruas la sociojn. Silente, ĉiutage, dum la akciuloj elsuĉas la entreprenojn, t.e. la salajrulojn, por eltiri el ili pli da profito, Norde kiel Sude. Spektaklege kaj bruege en la akraj krizoj, kie subite montriĝas la neimageblaj troigoj de spekula monavido kaj de iliaj sekvoj sur la aktiveco kaj la (...) sekvo